Le gouvernement français a décidé de renforcer rapidement les normes concernant la présence de cadmium dans les engrais phosphatés. Cette mesure vise à limiter la contamination des sols agricoles et, par extension, celle des aliments que nous consommons, comme le riz, les pâtes ou encore les pommes de terre.
Actuellement, la limite maximale de cadmium dans ces fertilisants est de 90 milligrammes par kilogramme de phosphore. La nouvelle réglementation prévoit de réduire ce seuil à 20 mg/kg d’ici 2030. Cette réduction sera effectuée plus tôt et de manière plus stricte que ce qui était initialement prévu, car la norme devait initialement atteindre cette valeur en 2038. La décision répond aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui souhaite mieux protéger la population.
Les risques liés au cadmium
Le cadmium est un métal lourd considéré comme dangereux pour la santé. L’Anses l’a classé comme substance « cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». En 2025, l’agence a indiqué que près de la moitié des Français ont des niveaux d’exposition supérieurs aux valeurs de référence. Même à faibles doses, cette exposition peut provoquer de graves problèmes de santé.
La Haute autorité de santé, en 2024, a précisé que le cadmium peut entraîner des effets nocifs sur plusieurs organes et systèmes : rénale, osseux, respiratoire, neurologique, cardiovasculaire, ainsi que sur la reproduction. Il est également reconnu comme cancérogène. La principale source d’exposition pour la population est l’alimentation, notamment via des produits à base de céréales ou de tubercules.
Une décision poussée par la pression politique
Ce changement de politique résulte d’un bras de fer avec la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. Elle avait menacé de démissionner si ses demandes n’étaient pas prises en compte. Elle voulait accélérer la réduction des seuils de cadmium dans les fertilisants, qui initialement devaient atteindre 40 mg/kg en 2030.
Le nouveau calendrier prévoit une étape intermédiaire à 60 mg/kg dès janvier 2027, en conformité avec la réglementation européenne. La cible finale de 20 mg/kg sera atteinte en 2030. Par ailleurs, à partir de 2027, l’apport annuel de cadmium dans certains fertilisants sera limité à trois grammes par hectare.
Origines de la contamination
Si le cadmium se trouve naturellement dans le sol, sa concentration augmente principalement à cause des activités humaines. Entre 50 et 70 % de l’apport de ce métal provient des engrais phosphatés, selon Thibault Sterckeman, ingénieur à l’Inrae. La décision du gouvernement a été saluée par des ONG comme Foodwatch, qui la considèrent comme une victoire pour la santé publique.
Du côté des agriculteurs, les réactions sont plus modérées. La Coordination rurale critique une transposition jugée excessive par rapport aux normes européennes. Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a demandé que le coût de cette transition reste « abordable » pour ne pas compliquer davantage la situation économique des agriculteurs français.
En résumé
- En 2025, la France et la ministre Monique Barbut ont décidé de revoir à la baisse les normes de cadmium dans les engrais phosphatés en réponse aux alertes sanitaires.
- Le calendrier prévoit une réduction progressive, avec une étape en 2027 et une nouvelle cible en 2030.
- Entre la volonté de protéger la santé publique et les préoccupations économiques du monde agricole, cette réglementation cherche un équilibre.














