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Une réalité persistante : un salarié sur trois a déjà été victime de harcèlement

Le harcèlement au travail reste un problème majeur. Selon la deuxième édition du baromètre national Ipsos BVA pour Qualisocial et AvoSial, 33 % des salariés déclarent avoir subi des actes de harcèlement au cours de leur carrière. Ce chiffre n’a pas évolué par rapport à l’enquête menée il y a quatre ans.

Les jeunes sont particulièrement exposés aux formes de harcèlement via les outils numériques, comme les emails, SMS, messageries instantanées ou réseaux sociaux. Plus de la moitié des 18-24 ans (53 %) ont déjà été confrontés à ces situations, contre seulement 19 % des salariés de 45 ans et plus.

Par ailleurs, la connaissance de la législation s’améliore. La proportion de salariés se sentant bien informés sur leurs droits est passée de 35 % à 50 %. Toutefois, 77 % d’entre eux trouvent encore difficile de reconnaître une situation de harcèlement précisément.

Une parole encore freinée par la peur

Le baromètre souligne également que la difficulté à prendre la parole demeure. Un salarié sur deux craint que le signalement d’un harcèlement ait des répercussions négatives sur sa carrière. Cette peur est plus marquée chez les femmes et les jeunes actifs.

Selon Magda Toma, psychologue du travail chez Qualisocial, la cohésion entre collègues est un facteur de protection important. Cependant, l’évolution récente des modes de travail réduit souvent ces espaces de solidarité, rendant plus difficile la création d’un collectif pour lutter contre le harcèlement.

Une proposition de loi pour renforcer la lutte

Une proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles est actuellement à l’examen à l’Assemblée nationale. Elle prévoit notamment d’intégrer la lutte contre le harcèlement sexuel dans les thèmes obligatoires de négociation collective dans les entreprises.

Cette initiative est saluée par Camy Puech, président de Qualisocial, qui estime qu’il est nécessaire d’accélérer la prévention. Cependant, il met en garde contre le risque que d’autres formes de violences, comme le harcèlement moral, soient mises de côté.

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