Une mobilisation importante pour défendre le tarif préférentiel
Ce mardi 15 septembre, les électriciens et gaziers se mettent en grève pour protester contre la possible remise en cause de leur «tarif agent». Ce dispositif leur permet de payer leur énergie à un prix réduit, bien en dessous des tarifs du marché.
Environ 140 000 salariés, ainsi que près de 160 000 retraités issus des anciennes entreprises du secteur (EDF, Enedis, GRDF, Engie), sont concernés par cette grève. Ce système représente une dépense significative pour les groupes, notamment pour EDF, qui a dépensé plus de 700 millions d’euros en 2024 pour ce dispositif, selon la Cour des comptes.
Une estimation contestée par les syndicats
Selon un rapport de la Cour des comptes publié en juillet, les bénéficiaires du tarif agent paieraient moins de 2 % du tarif moyen payé par les autres consommateurs. Cependant, les syndicats contestent cette estimation. Pour eux, cette part serait plutôt proche de 10 %.
Les principales organisations syndicales, telles que la CGT, la CFE-CGC, la CFDT et FO, appellent à la grève. Une délégation doit aussi se rendre à Bercy pour demander une rencontre avec le gouvernement.
Les syndicats refusent la suppression de cet avantage
Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, qualifie le tarif agent d’«élément essentiel du statut des salariés». Il précise que sa remise en cause est «non négociable» et rappelle que la grille salariale dans le secteur commence souvent en dessous du SMIC.
«Pour nous, c’est vraiment un totem», déclare-t-il. La CFDT demande également l’abandon du projet. Dominique Santoni, déléguée fédérale, indique que «le tarif agent, c’est une partie de la rémunération des agents» et insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un «cadeau».
Le gouvernement sous pression, la Cour des comptes en ligne de mire
Le ministère de l’Énergie affirme qu’il travaille à une évolution du «tarif agent» pour répondre aux recommandations de la Cour des comptes. Il indique vouloir agir «dans des délais raisonnables» et prévoit de consulter les représentants des salariés une fois les travaux techniques terminés.
Cependant, les syndicats restent méfiants. Ils dénoncent notamment le «silence radio» du gouvernement depuis leur interpellation du Premier ministre à la mi-juillet.
Un conflit qui rappelle celui de 2011
Une situation similaire s’était déjà produite en 2011, lors d’une menace de suppression du dispositif. La mobilisation avait alors été très forte, avec 86 % des salariés des industries électriques et gazières en grève, selon Alexandre Grillat, secrétaire général de la CFE Énergies.
Cette année, certains salariés feront même grève pour la première fois, parfois seulement pendant une heure pour faire entendre leur voix. La mobilisation pourrait atteindre un niveau «historique», selon les organisateurs.
Alexandre Grillat avertit : «Si le gouvernement n’entend pas le message exprimé le 15, la colère va être encore plus forte et elle s’exprimera par d’autres leviers». Alors que la crise au Moyen-Orient complique la gestion des stocks de gaz pour l’hiver en Europe, il insiste : «Ce n’est pas le moment d’avoir une grève sur les stockages».














