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Le rappeur Kerchak poursuivi en justice par le Rassemblement national

Le rappeur Kerchak, présent sur le morceau polémique « No Pasarán », est désormais visé par une plainte pour injure publique déposée par Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN).

Ce titre, publié peu après le premier tour des élections législatives de 2024, a suscité une vive controverse. Dans ce morceau de dix minutes, qui a été visionné plus de 3,8 millions de fois sur YouTube, une dizaine de rappeurs s’engageaient contre l’extrême droite, notamment le RN, qui dominait alors dans les sondages. La chanson comportait des propos violents et portait également des accents conspirationnistes et misogynes.

« No Pasarán » s’attaquait directement aux dirigeants du RN. On pouvait y entendre des phrases telles que « Fuck le RN », « Jordan t’es mort », ou encore « Nique Marine et Bardella ». La chanson, dont le clip a fait polémique, faisait appel à des artistes comme Akhenaton, Alkpote ou Fianso. Marine Le Pen a dénoncé « une abjection » et espéré que la justice agirait.

Une réaction judiciaire et un débat sur la liberté d’expression

Le vendredi 17 juillet, l’avocate de Kerchak a indiqué que son client est poursuivi pour injure publique par Jordan Bardella. L’artiste, connu pour sa participation à la scène jersey drill en France, ne mâchait pas ses mots dans son couplet : « Je suis pas les politiciens genre je fais pas trop le Mandela. Mais tout ce que je sais, c’est qu’on vote pas Marine et baise la mère à Bardella ».

« Cette procédure est révélatrice d’un rapport profondément problématique de l’extrême droite à la liberté d’expression », a déclaré Me Naïri Zadourian dans un communiqué publié sur Instagram.

Une défense de la liberté artistique

Selon l’avocate, « No Pasarán » s’inscrit dans une tradition artistique d’engagement politique, depuis la chanson populaire jusqu’au hip-hop. Elle dénonce la tentative de faire taire cette voix par la justice, qu’elle considère comme un mépris pour la création artistique et la culture.

« Nous défendrons avec détermination le droit de Kerchak à s’exprimer. La justice saura, nous en sommes convaincus, préserver ce qui constitue un pilier de notre démocratie », a-t-elle ajouté.

Jordan Bardella n’en est pas à sa première démarche judiciaire contre un rappeur. En mai dernier, il a annoncé son intention de porter plainte contre Soli, un autre artiste. La plainte concernait des menaces de mort explicites, notamment dans le clip « Un facho K.O. », où trois jeunes confrontent d’autres portant des masques représentant Bardella, Marine Le Pen et Éric Zemmour.

Contactés, plusieurs représentants du RN n’ont pas répondu à nos sollicitations.

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