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Bruno Retailleau face aux annonces de Laurent Wauquiez

Le président des députés LR, Bruno Retailleau, a récemment appris que Laurent Wauquiez lui suggérait de se retirer rapidement de la course à la présidentielle, tout en tendant la main à Édouard Philippe pour un éventuel rapprochement. Cette nouvelle, attendue depuis plusieurs semaines, n’a pas surpris le candidat des Républicains, qui reste relativement serein face à cette évolution.

Il y a peu, Retailleau venait de tenir un meeting au Parc floral le 20 juin, qui s’était déroulé dans une ambiance mitigée. Mais la mauvaise nouvelle est tombée lorsqu’au journal Le Figaro, Wauquiez a évoqué la possibilité que Retailleau se retire « si nécessaire » et a proposé Édouard Philippe comme un candidat capable d’incarner « l’ordre et le sérieux ».

« On ne va pas empêcher une girouette de tourner. C’est son problème, pas le nôtre et je pense que ça ne change rien à la présidentielle », a commenté Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint des LR, auprès de BFM.

Pour d’autres proches du parti, cette annonce n’est qu’une étape dans un contexte difficile. Un membre de la direction estime que ce n’est « pas une bonne nouvelle », mais que l’équipe ne peut rien y faire. « On mérite probablement mieux que quelqu’un comme lui », ajoute-t-il.

Un contexte de rivalités et de stratégies

La réaction de Retailleau est d’autant plus détendue que l’annonce de Wauquiez n’est pas une surprise. Lors du congrès des Jeunes agriculteurs à Bourg-en-Bresse en mai dernier, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy s’était déjà affiché aux côtés d’Édouard Philippe, malgré leur rivalité au sein de la droite.

Au printemps 2025, Wauquiez avait indiqué que voter pour Retailleau reviendrait à soutenir un ticket avec Édouard Philippe pour la présidentielle. Il avait aussi affirmé qu’il n’y aurait jamais d’alliance entre lui et l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron. Pourtant, aujourd’hui, il multiplie les rencontres avec Philippe, laissant penser qu’il pourrait changer de position.

« Il change d’avis comme de chemise »

Les critiques fusent dans le camp de Retailleau, notamment concernant la crédibilité de Wauquiez. Certains le qualifient de « girouette », comme le sénateur Étienne Blanc, qui dénonce un changement d’attitude fréquent. La cohérence est remise en question, alors que Wauquiez a déjà expliqué en 2018 que Philippe n’avait « jamais été de droite ».

Ce contexte intervient alors que les sondages restent faibles pour Retailleau, et que peu de figures du parti se rangent derrière lui. La stratégie initiale était de jouer la carte de la discrétion, en espérant éviter une campagne trop conflictuelle jusqu’au second tour en mai 2027. Mais cette option semble compromise.

Une volonté de rassemblement ou de calcul?

Wauquiez a toujours mis en avant l’idée d’une primaire large, incluant diverses figures de la droite et du centre, sans jamais la rendre crédible. Son récent rapprochement avec Édouard Philippe, à travers quelques rencontres et déclarations, peut s’interpréter comme une tentative de jouer un rôle de médiateur ou de rassembleur.

Ce positionnement contraste avec celui de Retailleau, qui ne croit pas à une « saison 3 du macronisme » pour 2027 et insiste sur le retour de la droite. Selon certains proches, la stratégie de Wauquiez est de clarifier ses intentions et d’éviter de s’aligner trop vite avec Philippe, dont il ne sera pas forcément un allié fidèle.

Le calendrier choisi par Wauquiez, qui n’a pas assisté au dernier meeting de Retailleau, soulève des interrogations. La campagne démarre, mais la popularité de Retailleau reste fragile, tandis que Wauquiez, en tant que président des LR, dispose d’un certain poids régional et d’un réseau d’élus qui pourrait influencer la dynamique.

Une rivalité persistante et des enjeux internes

Dans le camp de Retailleau, beaucoup considèrent cette démarche comme un « acte de rancune » liée à une campagne interne difficile et une défaite cuisante. Une députée regrette que Wauquiez ne « l’ait pas digérée » et pense qu’il cherchera à lui faire payer cette opposition jusqu’au bout.

De leur côté, chez Édouard Philippe, l’accueil de cette nouvelle est plutôt réservé. Bien que le candidat ait salué le soutien de certaines figures ces dernières semaines, il n’a pas encore exprimé de soutien clair à Retailleau. Lors d’un passage à BFMTV, Philippe a simplement indiqué qu’il avait « noté qu’il m’encourageait », sans confirmer de soutien ferme.

Une relation compliquée entre Wauquiez et Philippe

Les relations entre Laurent Wauquiez et Édouard Philippe sont tendues. Le futur Premier ministre de 2016 évoquait déjà en 2016 la possibilité que Wauquiez soit difficile à gérer, qualifiant leur relation de « certitude que le pire est toujours possible ».

Malgré tout, Wauquiez ne vient pas les mains vides. Il ne faut pas sous-estimer la popularité régionale de l’ancien président des LR, notamment dans une région de 8 millions d’habitants, ni l’attrait qu’il peut représenter pour certains élus de droite, même si leur ralliement n’est pas acquis.

« Je ne suis pas un grand fan du personnage mais c’est quelqu’un qui représente quelque chose, qui a de l’expérience en politique, qui connaît la droite. On aurait pu rêver pire pour nous rejoindre », confie un député d’Horizons.

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