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Simonne Vidal, la femme de Marc Bloch

Sur une photo datant de 1919, une femme en robe claire et portant un collier de perles pose, les mains posées sur le dossier d’une chaise. Elle s’appelle Simonne Vidal, elle a alors 25 ans, et se prépare à épouser l’historien Marc Bloch, qui a 33 ans. Professeur d’histoire et ancien combattant de la Première Guerre mondiale, Marc Bloch se marie avec elle peu de temps après.

Plus d’un siècle plus tard, leurs noms seront inscrits au Panthéon, le 23 juin 2026.

Longtemps considérée simplement comme la “femme de”, Simonne Vidal apparaît aujourd’hui comme une figure à part entière de cette histoire familiale et nationale. L’autrice Valérie Lehoux résume leur relation : “À ses côtés, sa femme, Simonne Vidal, morte quinze jours après lui en 1944.” Cette phrase montre à quel point leurs destins ont été liés jusqu’à la fin.

Origines, mariage et vie de famille de Simonne Vidal

Simonne Vidal est née le 14 février 1894 à Dieppe. Elle appartient à une famille bourgeoise juive. Elle est la troisième enfant de Paul Vidal, un ingénieur prospère, et d’Alice Hirsch. Dotée de talents pour la musique et les langues étrangères, elle s’engage comme infirmière volontaire en 1916, à Dieppe. Elle intervient auprès de prisonniers et de réfugiés, un engagement pour lequel elle sera décorée.

Le 23 juillet 1919, elle épouse Marc Bloch à Paris. À l’automne, ils s’installent à Strasbourg, où ils resteront dix-sept ans. Six enfants naissent durant cette période, dont une fille, Alice, en 1920. Leur fils Étienne Bloch décrira sa mère comme “une excellente femme au foyer, gérant la cellule familiale avec habileté et efficacité”, tout en précisant qu’elle dactylographiait aussi les manuscrits de son mari.

Le rôle discret de Simonne Vidal durant la conflit et la Résistance

À partir de 1936, la situation en Europe devient de plus en plus préoccupante. La remilitarisation de la Rhénanie pousse la famille Bloch à quitter Strasbourg pour Paris, puis à se replier à Guéret à l’été 1939 pour échapper aux bombardements. Pendant cette période, Simonne reprend du service comme bénévole dans un hôpital parisien, tout en s’occupant de ses enfants.

Face aux dangers, elle doit aussi faire face à des problèmes de santé. Le 12 avril 1941, elle contracte une pleurésie et suit Marc Bloch à Montpellier, où le climat est plus doux. Après l’invasion de la zone libre en 1942, Marc Bloch rejoint la Résistance. Simonne lui envoie régulièrement nourriture, vêtements, livres et autres provisions. Quelques jours avant son arrestation par la Gestapo, le 8 mars 1944, il lui écrit une lettre où il exprime ses inquiétudes et son amour.

La fin tragique et l’hommage national

Alertée par le sort de son mari, Simonne se rend à Lyon avec leur fille aînée, Alice. Sur place, sa santé se dégrade brusquement. Hospitalisée sous une fausse identité pour un cancer de l’estomac, elle passe inaperçue. Elle décède le 2 juillet 1944, à l’âge de 50 ans, et est enterrée dans une fosse commune. Une plaque portant son nom est posée au cimetière de Le Bourg-d’Hem.

En 2024, le président Emmanuel Macron annonce leur entrée au Panthéon. Selon Barbara Wolffer, citée par le ministère de la Culture, “Marc Bloch entrera au Panthéon accompagné de Simonne Vidal, son épouse, qui a joué un rôle très important dans sa vie et son œuvre.” Le 23 juin 2026, un cénotaphe est installé dans la crypte en leur hommage.

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