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Une consommation préoccupante chez les jeunes en Île-de-France

Ce mercredi, la Région Île-de-France a publié un plan d’action visant à lutter contre la consommation de protoxyde d’azote. Ce gaz, souvent appelé « gaz hilarant », est très répandu chez les jeunes, mais les chiffres recueillis sur ce territoire sont alarmants.

Des chiffres inquiétants

Selon le guide d’action distribué aux maires, le protoxyde d’azote est la seule substance psychoactive pour laquelle la consommation chez les 17 ans est significativement plus élevée en Île-de-France que dans le reste de la France.

Environ 14 % des jeunes de 18 à 24 ans ont déjà expérimenté cette substance. Plus précisément, 60 % des usagers ont entre 18 et 24 ans. Cela en fait la deuxième substance la plus consommée chez les jeunes, après le cannabis et le poppers.

Les signalements liés à cette consommation ont triplé entre 2020 et 2023. De plus, 10 % de ces signalements concernaient des mineurs. La présidente de la Région, Valérie Pécresse, a souligné que le protoxyde d’azote représente un véritable fléau pour la jeunesse.

Les risques pour la santé et la sécurité

Malgré une apparence inoffensive, la consommation de protoxyde d’azote est très dangereuse pour la santé, même occasionnellement. Elle peut provoquer des traumatismes, des chutes graves, des troubles neurologiques, des problèmes cardiaques ou encore des troubles psychiatriques.

Sur la route, l’usage détourné de ce gaz est également à l’origine de nombreux accidents, selon un bilan provisoire de la Sécurité Routière pour 2025. La consommation a également un impact environnemental, avec la pollution qu’elle génère et le coût élevé du nettoyage des bonbonnes abandonnées dans la nature.

Actions locales contre la consommation

Pour faire face à cette problématique, la Région conseille aux maires de mettre en place plusieurs mesures. Il est notamment recommandé de sensibiliser les jeunes dans les écoles, de faire intervenir des structures médico-sociales, d’organiser des campagnes de prévention et d’informer les parents.

Les élus peuvent aussi réglementer la vente et la consommation dans l’espace public, encadrer les horaires de vente, et prendre des arrêtés pour limiter la diffusion du gaz. La police municipale peut contrôler et verbaliser en cas d’infractions.

Une campagne de prévention, intitulée « Le proto, c’est trop risqué d’en rire », a été lancée en partenariat avec l’Agence régionale de santé. Elle sera diffusée dans les lieux fréquentés par les jeunes, sur les réseaux sociaux et dans les transports en commun franciliens.

Une prise en charge complète en Île-de-France

Face à cette problématique, la Région propose une approche multidisciplinaire pour accompagner les jeunes dépendants. Plusieurs centres spécialisés, tels que les CSAPA, les Consultations jeunes consommateurs ou encore les CAARUD, offrent des services de soin, d’accompagnement et de prévention.

Les médecins généralistes, addictologues libéraux et structures médicales d’addictologie disposent également de ressources pour aider ces jeunes. En tout, 52 équipes de liaison, 50 consultations hospitalières et 102 établissements avec des lits de sevrage ou d’hospitalisation en addictologie sont mobilisés en Île-de-France pour répondre à cette urgence.

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