Une nouvelle étape dans la course aux missiles longue portée
Le 12 mai 2026, Thales et ArianeGroup ont annoncé avoir réussi un tir d’essai de leur nouveau missile FLP-T 150. Ce test a été réalisé le 5 mai sur le site de l’île du Levant, dans le sud-est de la France. Les deux entreprises prévoient de dévoiler le nom officiel de cette munition lors du salon international de défense Eurosatory en juin.
Concurrence et contexte stratégique
Cette annonce fait suite à celle de Safran et MBDA, qui ont testé leur roquette Thundart le 14 avril. Ces deux projets, capables d’atteindre des cibles à 150 km, doivent être opérationnels d’ici 2030. Ils visent à concurrencer notamment les systèmes américains Himars, déjà utilisés en Ukraine.
Le programme FLP-T, lancé en 2023 par la Direction générale de l’armement (DGA), vise à remplacer les neuf lance-roquettes unitaires (LRU) en service dans l’armée française. Ces anciens systèmes ont une portée limitée à 70 km.
Un missile pour des objectifs dépassant 150 km
Les deux solutions, Thundart et FLP-T 150, se présentent comme «souveraines», résistantes au brouillage et «Itar free», c’est-à-dire conçues sans composants soumis aux règles américaines d’exportation (ITAR). Cela permet à la France d’éviter toute dépendance ou restriction d’usage liées à Washington.
Pour Thales et ArianeGroup, le FLP-T 150 n’est qu’une étape. Hervé Dammann, responsable des systèmes terrestres et aériens chez Thales, indique que les technologies mises en œuvre pourraient permettre le développement d’évolutions, jusqu’à une munition stratégique avec une portée de 2 500 km. Il souligne la capacité à produire rapidement et à augmenter la cadence de fabrication.
Vincent Pery, directeur des programmes de défense chez ArianeGroup, insiste sur l’avantage concurrentiel que représente la capacité à réaliser ces missiles à longue portée. Il rappelle que le président Emmanuel Macron a évoqué récemment la possibilité de frappes en profondeur, entre 1 000 et 2 500 km.
Une compétition féroce entre les acteurs français
La rivalité entre les deux consortiums français s’annonce serrée. Vincent Pery estime toutefois que l’expertise balistique «unique en Europe» d’ArianeGroup constitue un atout majeur. Il met également en avant le système de pilotage situé à l’arrière du missile, qui permet de mieux contrôler sa trajectoire et d’améliorer sa précision.














