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La France connaît une recrudescence des cyberattaques ces dernières semaines, ciblant notamment des sites gouvernementaux et des institutions publiques. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit se rendre ce jeudi après-midi au siège de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS) pour annoncer de nouvelles mesures en matière de cybersécurité. Cette visite intervient deux semaines après une importante fuite de données sur le portail de l’ANTS, qui gère notamment les demandes de pièces d’identité.

Depuis plusieurs mois, de nombreux hackers ont réussi à dérober des millions de données personnelles françaises. Les services de renseignement du ministère de l’Intérieur évoquent un phénomène « inédit » en son genre. Ces attaques massives soulignent la vulnérabilité accrue de l’État face aux cybermenaces.

Les cybercriminels ciblent principalement les sites internet français pour des raisons financières. La revente des données volées peut rapporter entre quelques centaines et plusieurs dizaines de milliers d’euros. Selon Fabrice Epelboin, expert en sécurité informatique, la France, en raison de sa modernisation rapide et de son administration centralisée, présente un marché particulièrement attrayant pour ces acteurs malveillants.

“On est un pays extrêmement moderne qui s’est informatisé très tôt et qui a une administration qui est non seulement très centralisée mais aussi pléthorique par rapport à la plupart des autres pays du monde. Ce qui fait qu’on a énormément d’informatique et donc d’autant plus de trous de sécurité dont certains datent de plusieurs décennies”, assure-t-il.

Une augmentation alarmante des cyberattaques

Selon la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), les violations de données ont doublé en quatre ans. En 2020, environ 2 800 incidents avaient été recensés, contre plus de 5 600 en 2024. Les secteurs visés sont variés : opérateurs téléphoniques, compagnies d’assurance, associations sportives, et autres organisations.

Les hackers utilisent des techniques diverses pour s’introduire dans les systèmes. Clément Domingo, hacker éthique, explique que certains piratages peuvent sembler simples, comme la récupération d’identifiants faibles ou de mots de passe faciles à deviner. Par exemple, un identifiant “France98” utilisé par un employé a permis aux cybercriminels d’accéder à des millions de données dans l’Académie de Bordeaux.

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Pour faire face à cette menace croissante, les experts recommandent deux axes principaux : une vigilance accrue de la part des particuliers, et des investissements renforcés dans la cybersécurité pour les entreprises et institutions.

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