Un nouvel accord de trois ans pour lutter contre les traversées clandestines
Les autorités françaises et britanniques ont conclu un nouvel accord d’une durée de trois ans pour réduire les traversées illégales de la Manche. Selon une feuille de route du ministère de l’Intérieur, consultée mercredi soir par l’AFP, cet accord prévoit un renforcement des moyens déployés sur le littoral.
Un des points clés de cet accord est l’augmentation des effectifs des forces de l’ordre. D’ici 2029, le nombre d’agents présents sur la côte devrait passer à 1 400. Par ailleurs, le financement du Royaume-Uni pourra atteindre 766 millions d’euros, dont 186 millions seront conditionnés à l’efficacité des mesures mises en place.
Pour la première fois, une partie du financement britannique sera flexible, destinée à soutenir des actions visant à renforcer l’efficacité des dispositifs de contrôle.
Des négociations longues et complexes
Ce nouvel accord intervient après plusieurs mois de négociations. Il repose sur le traité de Sandhurst, signé en 2018, qui prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions françaises pour sécuriser la frontière et limiter les arrivées irrégulières en Grande-Bretagne. Ce traité avait été renouvelé en 2023, mais arrivait à échéance en 2026.
Les autorités britanniques souhaitaient alors modifier les conditions de leur contribution financière. Si les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, le financement pourrait être réorienté vers d’autres actions après une évaluation annuelle conjointe.
Le nouvel accord prévoit également de multiplier par deux la force de l’ordre sur le littoral français. Les effectifs seront portés à environ 1 400 agents d’ici 2029.
Mesures renforcées pour prévenir la migration clandestine
Une unité de la compagnie républicaine de sécurité (CRS), financée par la France, sera spécialement dédiée à la lutte contre l’immigration clandestine. Des moyens technologiques, comme des drones, des hélicoptères et des équipements électroniques, seront déployés pour mieux repérer et prévenir les tentatives de traversée, notamment celles effectuées par des « taxi-boats ».
La France est régulièrement critiquée par la Grande-Bretagne pour son manque d’action contre ces embarcations de fortune, qui prennent de plus en plus de risques pour contourner les contrôles en mer. Selon le droit international, une fois en mer, les autorités ne peuvent intervenir qu’en cas de sauvetage de personnes en danger.
Une crise en chiffres
En 2025, 41 472 personnes ont rejoint illégalement le Royaume-Uni par la mer, un chiffre record depuis le début de ces traversées en 2018. Au moins 29 migrants ont trouvé la mort en mer cette année-là, selon un décompte de l’AFP basé sur des sources françaises et britanniques.














