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Une baisse historique pour la gauche dans les villes moyennes

Selon une étude publiée ce jeudi, les résultats des élections municipales de 2026 sont les pires jamais enregistrés pour la gauche dans les villes moyennes. La gauche socialiste et ses alliés sortent fortement affaiblis, contrairement à la droite qui maintient ses positions et au Rassemblement national qui progresse, indique la note de la Fondation Jean Jaurès.

Une étude approfondie sur 140 villes

Intitulée « Municipales 2026 : vers qui s’est (vraiment) tournée la France des villes moyennes ? », l’étude analyse les résultats dans 140 villes de plus de 15 000 habitants, situées dans une unité urbaine de 20 000 à 100 000 habitants.

Une chute depuis 1971

Achille Warnant, docteur en géographie et coauteur de l’étude, explique que « la gauche est à son plus bas niveau historique depuis 1971, année de la création du Parti socialiste ». La situation s’est dégradée, malgré une reprise en 2020, et la gauche contrôle aujourd’hui moins de villes moyennes qu’à aucun moment depuis plusieurs décennies.

Perte de nombreux bastions

En 18 ans, la gauche a perdu 42 villes moyennes. Parmi elles, Aurillac, qui a basculé à droite dès le premier tour, ainsi que Le Creusot, Cherbourg-en-Cotentin et Tulle, toutes historiquement à gauche depuis les années 1970. La gauche a également perdu plusieurs villes conquises en 2020, comme Millau ou Périgueux.

Dans certains cas, ses victoires en 2026 ont été facilitées par la division de l’opposition. Par exemple, à Abbeville ou Bergerac, la division des adversaires a permis à la gauche de l’emporter.

Au total, la gauche contrôlait encore 66 villes moyennes en 2008, mais elle n’en contrôle plus que 24 aujourd’hui, une chute historique.

Une droite renforcée, mais pas toujours par Les Républicains

La droite, qui domine traditionnellement ces villes, se montre globalement renforcée malgré quelques revers, notamment face à l’extrême droite. Cependant, cette progression est aussi due à des changements dans le positionnement des élus, certains étant désormais classés à droite alors qu’ils étaient centristes auparavant.

La majorité des maires de droite ne sont pas forcément membres des Républicains. Beaucoup appartiennent à Horizons, l’UDI ou sont indéterminés (« DVD »). L’extrême droite, elle, conserve ses trois mairies de 2020 et en gagne six nouvelles, notamment dans le sud-est et le sud-ouest, avec des victoires à Montauban ou Carcassonne.

Le Rassemblement national (RN) progresse aussi dans des régions où il était peu présent jusqu’ici. Par exemple, à Vierzon, dans le centre, où la commune est passée d’un maire communiste à un maire divers droite ou extrême droite. Achille Warnant souligne également la présence accrue de militants RN sur des listes DVD, ce qui indique une porosité croissante entre la droite et l’extrême droite.

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