Manifestation contre la proposition de loi Yadan à Paris
Ce dimanche 12 avril, plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans les rues de Paris pour protester contre la proposition de loi Yadan. Ce texte vise à renforcer la lutte contre les nouvelles formes d’antisémitisme, mais ses opposants le considèrent comme une atteinte aux libertés fondamentales.
Une mobilisation en soutien aux Palestiniens
Le cortège, composé notamment de drapeaux palestiniens, libanais et iraniens, est parti du jardin des Plantes. À sa tête, une banderole clamant : « Des sanctions contre Israël ! Pas contre nous ! » La manifestation s’inscrivait dans un mouvement plus large de solidarité avec la Palestine.
Les critiques du texte
Selon Nicolas Shahshahani, membre de l’association EuroPalestine, la loi Yadan « est liberticide. Elle fait partie de tout un arsenal de mesures destiné à empêcher la critique du régime génocidaire israélien, et du coup à faire taire le mouvement de solidarité avec la Palestine ». Il ajoute que ce texte « ne pourrait que donner un coup d’accélérateur à cette répression ».
Porté par la députée Caroline Yadan (Renaissance), élue représentant les Français de l’étranger, notamment en Israël, le texte prévoit de durcir la répression contre les infractions de provocation et d’apologie du terrorisme. Il interdit, par exemple, de présenter ces actes comme une forme de résistance.
Une pétition massive contre la loi
Alors que l’Assemblée nationale doit examiner la proposition les 16 et 17 avril, l’opposition est importante. La gauche et le Modem ont exprimé leur réserve. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 660 000 signatures pour dénoncer cette loi.
Une militante, Roxana, âgée de 47 ans, explique : « C’était déjà difficile de venir manifester pour la Palestine. Je pense que cette loi va renforcer la censure et limiter la liberté d’expression. »
Jared, un militant pro-palestinien de 27 ans, déplore également : « Le sionisme et la judéité sont deux choses différentes. Cette loi veut faire croire qu’elles sont équivalentes, ce qui légalise la confusion entre antisionisme et antisémitisme. »
Une loi répondant à la hausse des actes antisémites
La loi Yadan vise à répondre à la recrudescence des actes antisémites depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Elle prévoit notamment la création d’un nouveau délit, réprimé par une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Ce délit concerne les appels à la destruction d’un État.














