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Placée en garde à vue le jeudi 2 avril, Rima Hassan a été libérée en fin de soirée. Elle doit comparaître devant le tribunal correctionnel le 7 juillet pour « apologie du terrorisme ».

Ce vendredi 3 avril, l’eurodéputée et son avocat, Me Vincent Brengarth, ont organisé une conférence de presse pour faire le point après sa garde à vue au commissariat du 10e arrondissement de Paris.

Initialement, Rima Hassan était entendue pour « apologie du terrorisme ». Lors de la fouille, la police a découvert des substances ressemblant à du CBD et à de la 3MMC, selon le parquet.

La garde à vue a été levée vers 23 heures. Le parquet a confirmé que l’eurodéputée recevra une convocation pour comparaître devant le tribunal correctionnel le 7 juillet pour ce chef d’accusation.

Les accusations et la procédure

Lors de la conférence, l’avocat de Rima Hassan a dénoncé une situation « d’une gravité extraordinaire ». Il a souligné « l’intensité des atteintes » portées au droit de son cliente, tant hier qu’aujourd’hui.

Une garde à vue contestée

Me Vincent Brengarth affirme que cette garde à vue était « totalement illégale ». Selon lui, la procédure de flagrance a été fabriquée de toutes pièces pour contourner l’immunité parlementaire de l’eurodéputée.

Il rappelle que l’immunité parlementaire vise à protéger les parlementaires. Selon lui, cette mesure de garde à vue constitue un contournement de ce droit spécifique.

Les violations du secret de l’enquête

L’avocat dénonce une montée de tensions et des violations répétées du secret de l’enquête. Il explique que celles-ci ont été flagrantes, notamment par la divulgation dans la presse, via des publications sur la plateforme X, des termes précis de la déclaration de Rima Hassan, alors que l’audition n’était pas encore terminée.

Il accuse également les médias d’avoir organisé et planifié ces fuites depuis le début, dans le but de porter atteinte à la réputation de l’eurodéputée.

Me Vincent Brengarth se réjouit de l’ouverture d’une enquête ordonnée par la procureure de la République pour violation du secret de l’enquête.

Les questions de drogue

Concernant la substance retrouvée, l’avocat affirme que Rima Hassan savait qu’elle allait faire l’objet d’une fouille et d’un inventaire. Il insiste sur le fait que personne ne peut penser qu’elle aurait apporté de la drogue, étant donné qu’elle n’en consomme pas.

Il précise que le CBD est légal en France et qu’il a été acheté dans un lieu précis, dont elle a indiqué l’adresse aux enquêteurs. Le CBD n’étant pas un stupéfiant ni un psychotrope, son achat est conforme à la loi.

Harcèlement judiciaire et politique

Rima Hassan accuse les autorités de la faire subir « un véritable harcèlement judiciaire et politique ». Elle affirme que cette stratégie vise à l’empêcher de travailler et à la dissuader de ses opinions politiques.

Elle dénonce une démarche qui aurait commencé dès ses premiers pas en politique, notamment pendant la campagne des élections européennes. Selon elle, cette pression est motivée par des enjeux liés à ses positions sur la Palestine et à des lobbies favorisant Israël.

Elle conclut en affirmant qu’elle ne cédera pas face à ce qu’elle considère comme un déchaînement judiciaire, médiatique et politique, et parle d’une « détermination » forte.

Le procès annoncé

Rima Hassan insiste sur le fait que le procès du 7 juillet sera « un procès historique ». Elle souhaite que cet événement permette de donner la parole à toutes les voix concernées par la question palestinienne, notamment en dénonçant la censure et la répression liées à ce sujet.

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