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Les propos de Yaël Braun-Pivet sur la minute de silence en hommage à Quentin Deranque

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a exprimé ce mercredi 25 mars ses regrets concernant la minute de silence observée dans l’hémicycle après la mort de Quentin Deranque.

Elle a expliqué qu’il est « toujours très difficile de prendre ce type de décision » concernant ces minutes de silence. Selon elle, cette décision a été prise collectivement, en concertation avec les 11 présidents de groupe.

Une minute de silence avait été observée le 17 février dans le Palais Bourbon, à l’initiative d’Éric Ciotti et après validation des présidents de groupe. Cela faisait suite à l’agression mortelle du militant d’extrême droite, survenue cinq jours plus tôt.

Découverte de messages racistes et antisémites

Quelques semaines après cet hommage, Mediapart a révélé que Quentin Deranque avait publié sur la plateforme X, via trois comptes anonymes, des messages racistes et faisant l’apologie du nazisme. Ces publications datent d’au moins deux ans.

Dans ses posts, il s’en prenait notamment aux « millions d’Arabes et de Noirs » présents en France, ou qualifiait l’ancienne ministre Simone Veil de « salope meurtrière » pour avoir légalisé l’avortement. Il écrivait aussi, par exemple en juillet 2024, soutenir Adolf Hitler, en disant que « chacun son truc ».

Selon Yaël Braun-Pivet, si ces messages avaient été connus au moment de la décision, la réaction aurait probablement été différente. Elle a déclaré qu’aujourd’hui, elle pouvait regretter cette minute de silence, compte tenu du profil de Quentin Deranque.

Elle a toutefois insisté sur le fait que la condamnation de la violence en politique reste essentielle. Elle appelle à « calmer tous le jeu ».

Les circonstances de la mort de Quentin Deranque

Quentin Deranque, âgé de 23 ans, militant d’ultradroite à Lyon, a été violemment frappé le 12 février au sol par plusieurs personnes encagoulées, lors d’une conférence à Sciences Po Lyon. L’agression a eu lieu en marge d’un événement où intervenait Rima Hassan, députée LFI.

Le jeune homme, gravement blessé au crâne, est décédé deux jours plus tard à l’hôpital.

Les suspects et l’enquête

Neuf personnes ont été mises en examen et écrouées dans cette affaire. Certains ont reconnu avoir frappé Quentin Deranque ou d’autres victimes, mais tous nient avoir eu l’intention de le tuer, selon le procureur de Lyon.

Parmi eux, Adrian Besseyre, 25 ans, qui travaillait dans l’équipe du député LFI Raphaël Arnault jusqu’à peu. Il est poursuivi pour homicide volontaire. Jacques-Elie Favrot, aussi âgé de 25 ans, assistant parlementaire, a été mis en examen pour complicité.

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