Dernier meeting de campagne d’Édouard Philippe au Havre
À quatre jours du premier tour des élections municipales, l’attention se tourne vers le rendez-vous politique d’Édouard Philippe, prévu mercredi soir au Havre. L’ancien Premier ministre, maire de la ville depuis 2010, cherche à obtenir un nouveau mandat, mais sa victoire n’est pas assurée. Ce scrutin pourrait influencer sa future candidature à la présidence de la République.
Édouard Philippe rassemble ses partisans au théâtre Le Normandy à 18h30. Pendant ce temps, son principal rival, le député communiste Jean-Paul Lecoq, organise également un meeting dans une autre salle de la ville. Le contexte est donc très serré, avec une campagne qui s’intensifie à l’approche du vote.
Le candidat d’Horizons, qui souhaite se présenter à l’élection présidentielle, a indiqué que sa réélection au Havre conditionne sa trajectoire nationale. Il a précisé qu’une défaite pourrait compliquer sa candidature à l’Élysée, sans toutefois faire de déclaration officielle à ce sujet.
Les sondages et l’enjeu de la victoire
Pour la première fois, un sondage Opinionway publié le 25 février donne Édouard Philippe légèrement perdant face à Jean-Paul Lecoq dans une hypothèse de triangulaire avec Franck Keller, candidat d’extrême droite (UDR-RN), qui recueillerait 18 % des voix au premier tour. Selon cette étude, le maire sortant obtiendrait 42 % contre 40 % pour Lecoq.
Le candidat a toutefois relativisé l’importance de ce sondage lors d’un Facebook live, évoquant la prudence à avoir face à ces résultats. Ce sondage, commandé par l’observatoire « Hexagone » et financé par un milliardaire conservateur, a attiré l’attention sur la cité portuaire, alors que ses perspectives à l’échelle nationale semblent également évoluer. Sa cote sondagière s’érode, même s’il reste en tête parmi les candidats de droite et du centre.
Édouard Philippe a également évoqué une stratégie de division. Il pense que la liste menée par l’UDI-RN cherche à perturber l’élection locale pour affaiblir sa position. Selon lui, cette tactique vise à éliminer un candidat potentiel qui pourrait soutenir Marine Le Pen ou Jordan Bardella lors de la présidentielle.
Les tensions avec l’extrême droite
Les relations entre Édouard Philippe et l’extrême droite sont tendues. Le RN et l’UDR reprochent à l’ancien Premier ministre son appel, lors des législatives de 2024, à voter pour Jean-Paul Lecoq face au RN, ainsi que le retrait d’un candidat Horizons dans la 4e circonscription de Seine-Maritime. La candidate de La France insoumise, Alma Dufour, y a été réélue face au RN.
Franck Keller, conseiller municipal à Neuilly-sur-Seine, a critiqué cette situation en affirmant qu’il n’y aurait pas d’opposition réelle au Havre, mais une complicité entre Édouard Philippe et Jean-Paul Lecoq.
Les partis d’extrême droite ont déjà montré leur mécontentement, notamment en raison de cet appel au vote pour Lecoq, qui leur paraît contre-productif. La campagne est donc marquée par ces rivalités et ces tensions politiques.
De son côté, le député LFI, Paul Vannier, a indiqué que son parti ferait tout pour battre Édouard Philippe au Havre. Il a évoqué la possibilité de fusionner leurs listes après le premier tour pour renforcer leurs chances.














