PARTAGER

Le groupe français d’électroménager Seb, connu notamment pour ses marques Moulinex, Tefal et Rowenta, traverse une période difficile. La société annonce un vaste plan d’économies qui entraînera la suppression de plusieurs milliers d’emplois à l’échelle mondiale.

Ce plan, dévoilé le mercredi 25 février, prévoit la suppression de jusqu’à 2 100 postes dans le monde, ce qui représente moins de 7 % des effectifs. En France, environ 500 postes pourraient être concernés, principalement via des départs volontaires. Seb explique vouloir retrouver une croissance rentable face à une concurrence asiatique de plus en plus agressive.

Une réorganisation à l’échelle mondiale

Au niveau international, la direction indique que 1 400 emplois seront supprimés en Europe, et 700 en dehors du continent. Les pays les plus touchés seraient notamment l’Égypte, la Turquie et le Brésil. Ces réductions visent à réaliser des économies annuelles de 200 millions d’euros à partir de 2027 ou 2028. Le coût total de cette restructuration est estimé entre une et 1,25 fois ce montant.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du plan Rebond, qui vise à améliorer la rentabilité du groupe. L’objectif est d’atteindre une marge opérationnelle d’environ 10 à 11 % à moyen terme. La société souhaite se recentrer sur ses activités principales, en supprimant surtout des postes dans des fonctions support telles que la finance, les ressources humaines, la logistique, le marketing ou le développement produit.

Impact en France : jusqu’à 500 postes menacés

En France, jusqu’à 500 emplois pourraient être concernés. Ces suppressions toucheraient sept entités juridiques, notamment celles de Pont-Evêque (Isère), Mayenne, Rumilly (Haute-Savoie) et le siège d’Écully près de Lyon. Selon Stanislas de Gramont, la production ne serait pas affectée par ce plan et aucun départ contraint n’est prévu. Les employés seraient incités à partir sur une base volontaire.

Les syndicats ont rapidement réagi. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a qualifié ce plan de « très violent » et y voit une nouvelle étape de désindustrialisation, surtout dans des régions déjà fragilisées. Elle a également appelé le gouvernement à imposer un moratoire sur les licenciements économiques et à conditionner les aides publiques à des engagements sociaux précis.

Contexte économique et enjeux de compétitivité

Sur le plan financier, Seb a vu son chiffre d’affaires diminuer de 1,2 % en 2025, pour atteindre 8,17 milliards d’euros. Son résultat opérationnel a également reculé, avec une marge d’environ 7,4 % contre 9,7 % en 2024. Le bénéfice net a toutefois augmenté de 5,6 %, à 245 millions d’euros, après une année 2024 marquée par une amende de 190 millions d’euros de l’Autorité de la concurrence.

Stanislas de Gramont explique que la priorité est désormais de redresser la rentabilité du groupe, qui a connu des difficultés en 2025. La concurrence asiatique y est pour beaucoup, plus rapide et plus agressive. Le groupe souhaite également réduire de 30 % le délai de mise sur le marché de ses nouveautés, rapprocher la recherche de ses usines, renforcer sa présence sur les réseaux sociaux et intégrer davantage l’intelligence artificielle dans ses fonctions support.

LAISSER UN COMMENTAIRE