À quelques semaines du premier tour des élections municipales 2026 à Marseille, un sondage Opinionway pour CNEWS, Europe 1 et le JDD place en tête les listes menées par Benoît Payan et Franck Allisio. Chacun est crédité de 34 % des intentions de vote, ce qui les met en position de favoris.
Les autres candidats, Sébastien Delogu (LFI) et Martine Vassal (LR, Renaissance, Horizons, UDI), sont à égalité en troisième position avec 14 % chacun. Près de 14 % des personnes sondées n’ont pas encore exprimé leur préférence.
Une course toujours très incertaine
Les résultats du sondage ont été obtenus en répondant à la question : « Si le premier tour des élections municipales avait lieu dimanche prochain à Marseille, pour laquelle de ces listes voteriez-vous ? »
Les deux principaux candidats, Payan et Allisio, semblent inégalés à ce stade. La dynamique reste très ouverte, puisque les intentions de vote pour les autres candidats restent faibles et dispersées.
Chez les jeunes de 18-24 ans, c’est Sébastien Delogu qui recueille la majorité des voix avec 48 %. Il est aussi en seconde position chez les 25-39 ans avec 25 %, derrière Benoît Payan (43 %). La majorité des électeurs plus âgés, entre 40 et 54 ans, privilégient Benoît Payan (41 %), tandis que Franck Allisio est en tête chez les 55-64 ans (51 %) et chez les plus de 65 ans (45 %).
En termes de catégories socio-professionnelles, Benoît Payan obtient 38 % d’intentions de vote parmi les CSP+ et CSP-, alors qu’Allisio devance chez les inactifs avec 40 %.
Les loyautés politiques des électeurs
Le profil des électeurs de Benoît Payan montre une forte affiliation à la gauche. Environ 61 % d’entre eux ont voté pour le Nouveau Front populaire lors des législatives de 2024, 55 % pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle de 2022, et 42 % pour Emmanuel Macron à la même élection.
Pour Franck Allisio, les électeurs sont principalement issus du Rassemblement national : 97 % de ceux ayant voté pour Marine Le Pen en 2022 ou lors des législatives de 2024 se tournent vers sa liste. De même, 85 % ont voté pour Éric Zemmour en 2022.
Les électeurs ayant soutenu Ensemble lors des législatives de 2024 sont plus indécis, avec un vote partagé entre Payan et Vassal, tous deux à 38 %. Chez les électeurs du parti LR, 55 % privilégieraient Vassal, mais 37 % seraient plutôt favorables à Allisio.
Scénarios pour le second tour
Deux hypothèses ont été proposées : une quadrangulaire avec quatre listes, et une triangulaire avec les trois favoris.
Dans la première configuration, c’est la liste d’Allisio qui arriverait en tête avec 37 %, suivie de Payan à 36 %, Vassal à 14 %, et Delogu à 14 %. Environ 13 % des sondés n’ont pas exprimé de préférence.
En scénario triangulaire, Benoît Payan serait en tête avec 47 %, devant Allisio à 38 % et Vassal à 15 %. La majorité des électeurs, notamment ceux ayant voté pour la gauche ou la droite, restent encore très incertains quant à leur choix définitif.
Les enjeux locaux : propreté et sécurité
Malgré la présence de plages privées et d’espaces balnéaires dans certains quartiers, Marseille est aujourd’hui perçue comme peu propre. Selon le baromètre, la propreté (64 %) et la sécurité (60 %) sont les priorités absolues des électeurs, dans un contexte marqué par la lutte contre le narcotrafic.
Franck Allisio souhaite notamment renforcer la sécurité en « rendant leur plage aux Marseillais ». Il propose de tripler le nombre de policiers municipaux et d’instaurer des créneaux horaires pour l’accès aux plages, une idée qui lui vaut le surnom de « pass anti-racailles ». Il envisage également la création d’une marina avec hôtels, restaurants et centre de congrès.
Pour sa part, Martine Vassal propose de s’inspirer du modèle italien en faisant payer l’accès aux plages privées, afin de profiter davantage de la mer. Elle souhaite aussi développer un espace balnéaire continu entre l’Estaque et les Goudes, pour favoriser la promenade maritime.
Sébastien Delogu, quant à lui, critique ces visions, évoquant une possible ségrégation sociale.
Benoît Payan a mis en avant la biodiversité marine, proposant d’accroître les espaces protégés et de poursuivre le « plan posidonie » pour limiter l’érosion et élargir les plages.














