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Les députés de l’Assemblée nationale vont observer une minute de silence ce mardi après-midi. Ce geste vise à rendre hommage à Quentin Deranque, un jeune militant nationaliste décédé vendredi à Lyon. Sa mort s’est produite en marge d’une conférence organisée par la députée LFI Rima Hassan.

Une démarche unanime

La demande a été portée par Éric Ciotti, président du groupe Union des droites et allié de Marine Le Pen. Elle a été approuvée par la conférence des présidents de l’Assemblée nationale, qui rassemble tous les présidents de groupes politiques. La proposition a recueilli un vote unanime, à l’exception des élus Liot.

La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a indiqué avoir accepté cette demande avec un large soutien. La minute de silence sera observée en ouverture des questions d’actualité au gouvernement, ce mardi après-midi.

Le président du groupe Union des droites a exprimé sa satisfaction quant à cette décision, soulignant que la députée Yaël Braun-Pivet y a répondu favorablement avec un soutien quasi unanime des groupes.

Contexte et polémique

Le décès de Quentin Deranque, étudiant en mathématiques, intervient après une violente agression lors d’un rassemblement contre une conférence de Rima Hassan, députée européenne de La France insoumise, à Sciences-Po Lyon. Selon le collectif Nemesis, Quentin faisait partie du service d’ordre chargé de la sécurité des militants anti-fascistes présents à cet événement.

D’après Alice Cordier, directrice du collectif, l’étudiant aurait été tué par des militants d’extrême gauche, notamment issus de la Jeune garde, un mouvement antifasciste dissous en juin 2025 à la demande du ministre de l’Intérieur de l’époque. La procédure pour annuler cette dissolution est toujours en cours devant le Conseil constitutionnel, mais son audience, prévue en février, a été reportée sine die.

Par ailleurs, l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, qui a été mis en cause dans cette affaire, a démenti toute responsabilité dans le décès. Son avocat a indiqué qu’il se retirait de ses fonctions durant la durée de l’enquête. La présidente de l’Assemblée a également annoncé avoir suspendu l’accès de cet assistant parlementaire aux locaux.

Les enquêtes en cours

À ce stade, le procureur de Lyon, Thierry Dran, n’a pas établi de lien entre les auteurs présumés des coups et la Jeune garde. Il a précisé que les auteurs directs n’ont pas encore été identifiés lors d’une conférence de presse.

Certaines personnalités politiques, notamment Maud Bregeon, Gérald Darmanin, ainsi que la droite et l’extrême droite, ont suggéré un lien direct entre les insoumis et La Jeune garde. Marion Maréchal a affirmé, ce mardi matin, qu’il existait des « liens structurels » entre ces deux mouvements.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a déclaré lors d’un meeting à Montpellier qu’il n’avait aucun lien avec cette affaire. Il a exprimé sa sidération, tout en présentant ses condoléances à la famille de Quentin Deranque.

Les réactions et la polémique politique

Les déclarations de certains responsables politiques ont alimenté la controverse. La députée LFI Paul Vannier a expliqué que son parti entretient des relations avec La Jeune garde, collectif dissous mais dont il reste proche. Il a souligné que le mouvement se réclame de la non-violence et de l’autodéfense.

Le député Eric Coquerel a dénoncé, sur RTL, une « récupération sordide et politicienne » de cette tragédie par certains acteurs politiques.

Raphaël Arnault, cofondateur de La Jeune garde, a exprimé, sur X, son horreur et son dégoût face à la mort de l’étudiant. Il a appelé à faire toute la lumière sur ce drame.

Le collectif antifasciste a affirmé, dans un communiqué, que « ne saurait être tenue responsable » la mouvance antifasciste, précisant qu’elle a suspendu toutes ses activités depuis la tragédie.

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