Le contexte des municipales de 2026
Après avoir choisi de ne pas participer en 2020 en soutenant des initiatives citoyennes, la France insoumise se lance pleinement dans la campagne des élections municipales de 2026. Son objectif est d’accroître son influence locale en présentant un grand nombre de listes dans toute la France. À un mois du scrutin, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon prévoit de défendre près de 500 listes.
Les villes clés susceptibles de basculer à gauche
Plusieurs communes pourraient faire basculer du côté de la France insoumise. Parmi elles, Roubaix, Saint-Denis, La Courneuve et Évry-Courcouronnes sont particulièrement surveillées. Ces villes représentent autant de chances pour le mouvement de renforcer son implantation locale.
Roubaix (Nord)
Roubaix constitue l’un des principaux objectifs de la France insoumise. Le député David Guiraud, engagé dans la campagne, souhaite offrir à son mouvement sa première ville de près de 100 000 habitants. La tâche est difficile en raison du taux d’abstention élevé (77 % en 2020) et des divisions à gauche.
Le candidat de LFI s’appuie sur le bon score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (52,5 %) dans la commune. Il affronte l’actuel maire centriste, Alexandre Garcin, ainsi qu’un candidat de la droite, André Hibon, qui appelle à un « Front Républicain » contre LFI. Une liste de gauche, regroupant Les Écologistes, le Parti communiste, Place publique et d’autres, espère aussi prendre la mairie. Céline Sayah, déléguée départementale du Rassemblement national Jeunes, figure également en tête de liste.
Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
Saint-Denis, fusionnée avec Pierrefitte en janvier 2026, compte désormais près de 150 000 habitants. La bataille y est également rude. Le maire sortant, Mathieu Hanotin, soutenu par plusieurs partis de gauche, a fait basculer la ville en 2020. Il affronte Bally Bagayoko, candidat de la France insoumise, qui bénéficie d’un fort soutien local et national, notamment par de bons résultats lors de la présidentielle de 2022.
De leur côté, la droite et le centre espèrent aussi prendre la ville. Quentin Gutierrez, ex-macroniste, est soutenu par Les Républicains et Horizons, le parti d’Édouard Philippe.
La Courneuve (Seine-Saint-Denis)
La Courneuve pourrait aussi changer de camp. La ville de près de 50 000 habitants pourrait accueillir un candidat de la France insoumise pour succéder à Gilles Poux, qui ne se représente pas. Aly Diouara, élu à l’Assemblée nationale, est le favori. Il bénéficie d’un fort ancrage local et incarne la « Nouvelle France » prônée par Jean-Luc Mélenchon. Il est soutenu par plusieurs forces de gauche, notamment lors des dernières élections européennes où Manon Aubry (LFI) a recueilli près de 60 % des voix.
Il devra toutefois affronter deux autres candidats issus de la ville : Oumarou Doucouré (PS) et Nadia Chahboune (sans étiquette).
Évry-Courcouronnes (Essonne)
À Évry-Courcouronnes, la campagne est également très active. La députée Farida Amrani, candidate pour la France insoumise, souhaite battre le maire sortant, Stéphane Beaudet, qui dirige la ville depuis 25 ans. Elle a déjà tenté sa chance en 2014 et 2020.
Pour cela, elle devra faire face à une candidature de l’actuel président de l’association des maires d’Île-de-France, Stéphane Beaudet. Soutenu par le centre et une majorité de droite, il a été réélu dès le premier tour en 2020 avec plus de 54 % des voix. Récemment, la liste insoumise a reçu le soutien inattendu de la section PS locale, ce qui pourrait renforcer ses chances.
Si elle remporte la mairie, Farida Amrani prévoit de mettre en place dix mesures prioritaires, telles que des plans pour la propreté, la santé mentale, l’encadrement des loyers, la gratuité dans les cantines scolaires, ainsi que la tenue de référendums locaux.














