Les doutes autour de la candidature de Bruno Retailleau à l’Élysée
Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a annoncé ce jeudi 12 février sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Après 15 mois de réflexion, il affirme que cette décision a été « beaucoup mûrie ». Cependant, le moment choisi pour cette annonce, ainsi que sa manière, suscitent des interrogations, y compris au sein de son propre camp.
Certains proches de la droite critiquent le timing de Retailleau. Un soutien de Laurent Wauquiez déclare : « Je ne comprends pas son timing. Il fâche tous nos candidats aux municipales ! » En effet, l’annonce intervient environ un mois avant le premier tour des municipales, un scrutin crucial pour le parti. Aujourd’hui, le mouvement de Retailleau ne contrôle plus qu’une seule ville de plus de 150 000 habitants, Nîmes.
Pour un conseiller des Républicains, cette candidature a un double objectif : d’une part, « resserrer le jeu pour améliorer les sondages » et, d’autre part, « faire pression sur les candidats potentiels issus de la droite ». Parmi eux, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez. Ce dernier a déjà exprimé son désir d’accéder à la présidence, tandis que Bertrand se prépare à cette éventualité.
Une « hostilité au centre » et un risque de division à droite
Au-delà du calendrier, des inquiétudes apparaissent sur la multiplication des candidatures à droite. Un proche de Macron commente : « À force de se multiplier, ces candidatures risquent d’organiser le chaos. » Certains appellent à une réflexion plus large : « Il faudrait une discussion à l’automne pour choisir un candidat capable de rassembler toute la droite. »
« C’est la seule solution pour éviter le duel entre l’extrême gauche et l’extrême droite »,
Selon ces observateurs, Bruno Retailleau pourrait l’emporter lors d’un processus de sélection interne au sein des Républicains. Cependant, ils pointent aussi une certaine « hostilité au centre » qui pourrait compliquer une union large. Lors d’une interview en novembre dernier, Retailleau avait indiqué que « les adhérents trancheraient » sur les modalités de sélection du candidat.
Il reste à voir si Retailleau ira jusqu’au bout de cette démarche. Selon certains analystes, sa force réside dans sa morale et ses convictions, même si cela peut aussi être une faiblesse si ses ambitions personnelles prennent le dessus. Un sondage Elabe publié fin janvier montre que 45 % des électeurs de droite considèrent que Retailleau serait le meilleur candidat pour 2027, contre 33 % pour Xavier Bertrand et 21 % pour Laurent Wauquiez.














