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Amélie de Montchalin nommée à la tête de la Cour des Comptes

Le gouvernement a annoncé ce mercredi la nomination d’Amélie de Montchalin en tant que présidente de la Cour des Comptes, à partir du 23 février. Elle deviendra ainsi la première femme à occuper ce poste prestigieux dans cette institution qui fête ses plus de deux siècles d’existence.

Agée de 40 ans, la ministre des Comptes publics sort tout juste d’un long marathon parlementaire consacré à l’adoption du budget pour 2026. Elle a été choisie par le président Emmanuel Macron pour diriger la Cour des Comptes, selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. La nomination est irrévocable et la seule limite est l’âge, fixé à 68 ans. La jeune femme pourra donc exercer cette fonction sur le long terme si elle le souhaite.

Une réaction contrastée

Cette décision a été très critiquée par plusieurs opposants politiques. Lors d’une conférence de presse ce mardi, Éric Coquerel, président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, a demandé à Emmanuel Macron de ne pas nommer Amélie de Montchalin. Selon lui, cette nomination pourrait nuire à la neutralité et à l’indépendance de l’institution.

Rien ne va dans cette décision, estime Éric Coquerel. Il considère que cela pourrait faire de la personne nommée à la tête de la Cour un « juge et partie » et que des soupçons seront légitimes concernant ses travaux.

Le député de La France Insoumise a souligné que, malgré ses qualités personnelles, cette nomination pourrait représenter un danger pour la confiance que les Français ont dans la Cour. Il craint qu’elle ne puisse garantir la neutralité et l’indépendance requises par cette fonction essentielle.

Ce rejet est partagé par d’autres figures politiques. Éric Ciotti, président de l’Union des Droites pour la République (UDR), a dénoncé une « passation en force » de la part du président Macron, accusant ce dernier de placer ses proches pour conserver le pouvoir après 2027.

Cette nomination est un passage en force sans précédent d’un président qui place ses proches pour garder le pouvoir que les Français refusent de lui accorder après 2027, a-t-il déclaré.

De son côté, François Ruffin, député de la Somme et candidat à la primaire de la gauche, a ironisé sur cette nomination en évoquant la « République des copains » qui, selon lui, « se porte bien ». Il a notamment souligné qu’après huit années à accompagner le déficit public, Amélie de Montchalin pourrait maintenant rendre un avis sur son propre budget, sans bouger.

Comme présidente de la Cour des Comptes, Emmanuel Macron nomme Amélie de Montchalin : la République des copains se porte bien. Après huit années à accompagner le déficit public dans le fossé, elle pourra donc rendre un avis éclairé sur son propre budget. Et elle ne bougera pas…

Pour sa part, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a apporté un avis plus favorable. Sur France 2 ce mardi, il a indiqué que cette nomination concerne « quelqu’un qui saura gouverner cette institution en toute indépendance » et lui apporter « une énergie dont elle a peut-être besoin ».

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