Bruno Retailleau en déplacement à Nîmes pour soutenir la droite
À un mois et demi des élections municipales, Bruno Retailleau, président des Républicains, se rend dans le sud-est de la France pour apporter son soutien à ses candidats. Ce vendredi 5 février après-midi, il sera à Nîmes, la plus grande ville dirigée par la droite, mais dont la victoire pourrait être incertaine face à une gauche unie, une droite divisée et un Rassemblement National en pleine progression.
Pour la droite, Nîmes est un enjeu crucial. La ville est détenue par LR depuis près de 25 ans, mais le contexte électoral s’annonce plus difficile cette année. La défaite de dimanche lors d’une partielle en Haute-Savoie, où le candidat LR a été battu par un candidat allié à La République En Marche et au Rassemblement National, montre la fragilité du parti. Retailleau vient donc soutenir Franck Proust, le candidat LR chargé de conserver cette dernière grande ville du département.
Après plusieurs rencontres avec des habitants dans un café, des échanges avec la presse et un « Facebook live » avec le sénateur Laurent Burgoa, Retailleau passera trois heures dans la cité romaine. Il poursuivra ensuite sa tournée à La Grande-Motte, pour un meeting avec le maire sortant et candidat LR, Stephan Rossignol, qui semble bien placé pour obtenir un quatrième mandat.
Une campagne électorale plus compliquée à Nîmes
Retailleau prévoit également de rendre visite à Jean-Paul Fournier, le maire sortant, qui a décidé de ne pas se représenter cette année. À 80 ans, il laisse la place à une bataille de succession. Deux principaux candidats se disputent la mairie : Franck Proust, 62 ans, investi par LR en juillet dernier, et Julien Plantier, 40 ans, qui a pris ses distances avec la majorité et mène une liste dissidente avec Valérie Rouverand, de Renaissance.
Le match à Nîmes, c’est entre le communiste, LFI et moi. Le RN ne peut pas gagner
Une ambiance tendue et des enjeux politiques
La gauche espère profiter de la division à droite pour remporter la ville. Elle mise sur une liste d’union, à l’exception de La France Insoumise, menée par le communiste Vincent Bouget, âgé de 46 ans. Selon lui, la venue de Retailleau montre une certaine fébrilité chez les candidats de droite. Il estime que Proust tente de capter une partie de l’électorat d’extrême droite en adoptant une position très à droite.
Le Rassemblement National, qui a remporté tous les sièges de députés dans le Gard lors des dernières législatives, a aussi lancé sa campagne avec Julien Sanchez, vice-président du parti et député européen. Sanchez a dénoncé la situation comme étant grave, soulignant que l’extrême gauche pourrait légitimement gagner la ville à cause des divisions à droite.
Les autres rendez-vous et perspectives
Après son meeting à La Grande-Motte, Retailleau participera à un « apéritif militant » à Marseille. La ville reste un terrain difficile, où la droite et le centre sont éclipsés par l’essor de l’extrême droite, menée par le député RN Franck Allisio. La bataille y est serrée face au maire divers gauche Benoît Payan, et à d’autres candidats issus de l’extrême droite.
Ce déplacement de Retailleau intervient dans un contexte plus large. Son objectif est de conforter la stratégie de la droite en vue des futures élections. Certains y voient une étape vers une possible candidature à l’élection présidentielle de 2027, si la droite parvient à remporter des grandes villes comme Paris ou Lyon.
Toute défaite, notamment à Nîmes, pourrait fragiliser sa position. Au sein du parti, les débats restent ouverts sur l’alliance avec le Rassemblement National ou un rapprochement avec la majorité présidentielle, afin d’assurer la victoire aux municipales et de renforcer ses chances pour la présidentielle.














