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Une situation sanitaire préoccupante en Inde

Dans l’État du Bengale-Occidental, une dizaine de personnes ont été placées en quarantaine après avoir été en contact avec des malades du virus Nipah. La Thaïlande a également renforcé ses contrôles aux frontières, même si aucun cas n’a été signalé dans le pays. Ces mesures témoignent de la vigilance face à ce virus considéré comme à haut risque par l’OMS.

Ce virus de classe 4, détecté pour la première fois en 2001 en Inde et au Bangladesh, suscite de fortes inquiétudes en raison de sa létalité et de ses symptômes initiaux ressemblant à ceux d’une grippe. La rapidité de sa progression et la gravité des infections qu’il peut provoquer alimentent ces préoccupations. En 2018 déjà, le sujet avait été largement relayé en Inde, créant une certaine panique. Jusqu’à présent, aucun cas humain n’a été signalé en Europe. Il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique pour le virus Nipah, qui est considéré comme un agent pathogène à haut risque par l’OMS. Son taux de mortalité varie entre 40 et 75 %, selon les pics d’épidémie et les conditions de prise en charge.

Les caractéristiques du virus Nipah

Le virus Nipah est zoonotique, ce qui signifie qu’il se transmet de l’animal à l’homme. Son réservoir principal est constitué par des chauves-souris géantes frugivores du genre Pteropus, appelées « renards volants ». Ces chauves-souris, qui ne circulent pas en Europe, ainsi que les porcs, jouent un rôle clé dans la transmission. Selon l’OMS, le virus peut également se transmettre par des aliments contaminés ou entre personnes.

Les premiers symptômes incluent fièvre, migraines, douleurs musculaires, maux de gorge ou vomissements. Si la maladie progresse, des vertiges, une somnolence, une confusion ou des signes neurologiques peuvent apparaître, indiquant une encéphalite aiguë. Certains patients peuvent aussi développer une pneumonie atypique ou des problèmes respiratoires graves, pouvant conduire à une insuffisance respiratoire. Selon Marie-Anne Rameix-Welti, experte à l’Institut Pasteur, ce virus peut provoquer des infections très graves chez l’humain, surtout lorsqu’il est introduit par des animaux, car il est mal adapté à l’homme et déclenche des réponses immunitaires extrêmes.

La période d’incubation varie entre quatre et 14 jours, pouvant parfois atteindre 45 jours dans certains cas.

Une transmissibilité limitée entre humains

Malgré sa gravité, le virus Nipah ne semble pas se propager facilement d’homme à homme. Contrairement au SARS-CoV-2, responsable de la Covid-19, dont la contagiosité est élevée, le virus Nipah nécessite des contacts rapprochés et prolongés pour être transmis. Les cas en Inde concernent principalement des professionnels de santé ayant été en contact avec des malades, ce qui indique une transmission limitée.

De plus, contrairement au Covid-19, où les personnes asymptomatiques peuvent transmettre le virus, le Nipah provoque des symptômes visibles, ce qui facilite sa détection. Cela limite également sa capacité à se propager rapidement à grande échelle.

Foyers localisés et surveillance active

Jusqu’à présent, le virus Nipah reste considéré comme contrôlable. Publique Santé France rappelle que de petits clusters ou épidémies modérées ont été observés chaque année dans le sous-continent indien depuis sa première apparition en 1999 en Malaisie. La mise en quarantaine en Inde est un signe que les autorités ont identifié rapidement les contacts à risque, limitant ainsi la diffusion.

Selon les experts, il n’y a pas lieu de céder à la panique. La surveillance continue et la gestion prudente des foyers actuels permettent de garder la situation sous contrôle. Rien n’indique pour l’instant une menace d’expansion au-delà des foyers locaux.

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