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Deux textes adoptés lors de la niche parlementaire des Républicains

Le jeudi 22 janvier, lors de leur session réservée à leur groupe, les députés LR ont adopté deux textes. Ces propositions ont été présentées dans le cadre d’une niche parlementaire, un moment dédié chaque mois à l’opposition pour mettre à l’ordre du jour leurs sujets de prédilection, débattus toute la journée à l’Assemblée.

Les deux textes adoptés

Le premier texte est une résolution non contraignante visant à inscrire « la mouvance des Frères musulmans et ses responsables sur la liste européenne des organisations terroristes ». Si le gouvernement a exprimé son soutien à l’objectif de lutter contre cette organisation et son idéologie séparatiste, la ministre de la Francophonie, Éléonore Caroit, a critiqué la rédaction de la résolution, la jugeant fragile juridiquement.

Ce vote a suscité des tensions importantes. La gauche a massivement voté contre, notamment l’écologiste Dominique Voynet, qui a qualifié cette initiative de « diversion politicienne » et de « minable », évoquant le risque d’alimenter la stigmatisation de certains citoyens. À l’opposé, le député du Rassemblement National, Laurent Jacobelli, a critiqué l’opposition des députés insoumis, en lançant une phrase polémique qui a permis d’accuser la gauche d’obstruction.

Le second texte adopté concerne une résolution non contraignante demandant à l’État de « suspendre toute nouvelle création d’agences administratives » dans le but d’alléger les finances publiques et d’améliorer leur efficacité.

Obstruction parlementaire et blocages

Malgré leur mise à l’ordre du jour, la journée de debate réservée à LR n’a pas permis de voter sur plusieurs autres propositions. Les députés n’ont pas eu le temps de se prononcer sur des sujets comme l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre, la gestion du travail le 1er-Mai ou une résolution sur le port du voile. La gauche a été accusée d’obstruction, empêchant le déroulement normal des débats. Le président de l’Assemblée, Laurent Wauquiez, a dénoncé ces comportements, estimant qu’ils ne faisaient pas honneur à la démocratie.

Lors de la journée, plusieurs rappels au règlement et suspensions de séance ont été nécessaires, notamment à cause des tentatives de la gauche de faire durer les débats afin de ne pas voter sur certains sujets. La séance devait normalement se terminer à minuit, mais plusieurs votes importants n’ont pas pu avoir lieu.

Les autres sujets en suspens

En soirée, les députés n’ont pas pu se prononcer sur une proposition de loi concernant la légitime défense. Ce texte proposait notamment un amendement pour présumer que les policiers ou gendarmes qui tirent ont agi dans le cadre prévu par la loi. Il a été adopté par le camp gouvernemental et le Rassemblement National.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a expliqué qu’une présomption ne signifie pas une immunité, mais simplement une levée de l’automaticité de la garde à vue pour les forces de l’ordre. En réponse, certains députés, notamment de la majorité, ont critiqué cette mesure, soulignant que cela pourrait renforcer le sentiment d’impunité policière.

Les députés insoumis et écologistes ont également mené une forte opposition à ce sujet, empêchant le vote final de cette proposition. La députée LFI, Mathilde Panot, a salué leur combat contre ce qu’elle considère comme des textes dangereux pour le pays.

Enfin, faute de temps, les députés n’ont pas pu examiner d’autres textes importants, dont celui visant à sécuriser le travail le 1er-Mai pour certains salariés, ou encore une proposition limitant le port du voile islamique par des mineures dans l’espace public.

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