Une commune française particulièrement touchée par la pollution de l’eau du robinet
Ouvrir le robinet est une démarche quotidienne banale et rassurante pour la plupart des Français. Cependant, derrière cette simplicité se cache une réalité préoccupante. Selon les contrôles officiels, un village en particulier présente une qualité de l’eau du robinet à un niveau record de pollution.
En analysant les résultats du contrôle sanitaire du ministère de la Santé pour près de 33 000 communes, le Journal du Net a calculé un taux de conformité global. En décembre 2025, environ 75 % des communes ne présentaient aucun dépassement. En revanche, à Prunay-Belleville, une petite commune de l’Aube comptant 222 habitants, seulement 7,14 % des analyses respectaient les normes, principalement en raison de la présence excessive de nitrates et de pesticides.
Prunay-Belleville, un symbole de la pollution de l’eau en France
Le département de l’Aube concentre 21 des 100 communes françaises où la qualité de l’eau est la plus dégradée. Prunay-Belleville illustre cette problématique. Selon le rapport 2024 du Syndicat départemental des eaux de l’Aube, toutes les stations d’eau du Nord-Ouest Aubois concernées par le Schéma Directeur d’Alimentation en Eau Potable présentent des concentrations problématiques en nitrates ou pesticides.
Pour lutter contre cette contamination diffuse, des travaux de modernisation du réseau ont été lancés en 2023, pour un montant d’environ 84 millions d’euros. La fin des travaux est prévue pour 2027. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir rappelle que la majorité des pollutions par nitrates (75 %) et pesticides (70 %) provient du secteur agricole.
Les risques pour la santé et les mesures en place
Bien que l’eau de Prunay-Belleville soit considérée comme non conforme, seule une restriction partielle a été décidée. Le ministère de la Santé avertit que la consommation régulière d’eau riche en nitrates peut, à long terme, présenter des risques pour la santé, notamment pour les femmes enceintes, les enfants de moins de deux ans et les personnes fragilisées par une maladie. Ces populations doivent donc privilégier une autre source d’eau. La restriction reste en vigueur jusqu’à ce qu’un nouveau contrôle confirme la conformité de l’eau.
Les préoccupations sanitaires ne s’arrêtent pas là. Les PFAS, une famille de polluants chimiques, inquiètent également les autorités. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a analysé 35 de ces composés dans plus de 600 échantillons d’eau, couvrant environ 20 % de l’eau consommée en France. Vingt PFAS ont été détectés dans l’eau brute, et 19 dans l’eau distribuée. La majorité des échantillons contenaient de l’acide trifluoroacétique, présent dans 92 % des cas, avec une concentration médiane de 780 ng/L. La Directive européenne prévoit une limite de 100 ng/L pour la somme de 20 PFAS, à respecter d’ici le 12 janvier 2026.
Des niveaux préoccupants dans certaines villes
- À Cognac (Charente), une analyse d’avril 2024 a révélé 187 ng/L de PFAS dans l’eau du robinet, soit presque le double de la limite européenne.
- À Paris, l’ONG PAN Europe a détecté 2 100 ng/L d’acide trifluoroacétique dans un échantillon, la valeur la plus élevée mesurée en France.
Les perspectives pour l’avenir
Alors que des travaux de dépollution avancent dans les zones rurales les plus contaminées, les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille disposent actuellement d’une eau du robinet presque toujours conforme. Cependant, le durcissement attendu des normes concernant les pesticides et les PFAS pourrait entraîner, sans changement visible pour l’usager, la mise en non-conformité de certains réseaux urbains à l’avenir.














