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François Bayrou reprend la course pour un troisième mandat à Pau

Plus de douze ans après son arrivée à la mairie de Pau, l’ancien Premier ministre François Bayrou se présente à nouveau pour un mandat à la mairie. Sa popularité a été fortement entamée par son passage à Matignon, et l’opposition locale est déterminée à le déloger. Beaucoup pensent qu’il pourrait réussir, mais sans grand enthousiasme.

C’est désormais officiel : François Bayrou a annoncé ce dimanche sa candidature pour un troisième mandat à la tête de la ville. Après ses années à Matignon, son passage difficile et ses 11 ans à la mairie, il continue de croire en ses chances. Lors de son premier meeting ce week-end, il a mis en avant ses réalisations locales et a insisté sur sa capacité à respecter ses engagements. Malgré une hospitalisation récente en réanimation pour une grippe sévère, il affirme avoir encore l’énergie pour continuer le combat.

Les conséquences de son passage à Matignon

La question demeure : cette campagne suffira-t-elle à lui assurer une victoire ? François Bayrou sort très marqué de son passage au gouvernement, où il a été renversé par une perte de confiance à l’Assemblée. Afin de conserver son poste de maire, il avait insisté sur le fait qu’il souhaitait éviter le cumul des mandats. Pourtant, il avait multiplié les déplacements entre Paris et Pau, parfois au détriment de ses fonctions municipales, comme lors du cyclone Chido à Mayotte.

« On a pu trouver la séquence pas très heureuse mais au moins, personne ne peut l’attaquer sur le mode vous avez préféré les ors de la République à Pau », déclarent ses proches.

Les défis locaux et la polémique de Bétharram

Sur le terrain, plusieurs dossiers compliquent sa campagne. Mediapart a révélé qu’il avait dépensé 40 000 euros pour la rénovation de son bureau de maire, alors qu’il prônait la réduction des déficits publics. Par ailleurs, l’affaire des violences à Notre-Dame de Bétharram, où plusieurs de ses enfants ont été scolarisés et où son épouse a enseigné le catéchisme, revient sur le devant de la scène. François Bayrou nie toute connaissance des abus, affirmant que l’affaire a été utilisée pour le détruire politiquement.

Deux stratégies s’opposent pour faire tomber le maire sortant. D’un côté, Jean-François Blanco, conseiller municipal d’opposition, souhaite mettre en avant l’affaire Bétharram. Avocat de victimes, il attaque Bayrou sur ses promesses d’indemnisation, jugées au point mort. De l’autre, le candidat socialiste, qui rassemble plusieurs forces de gauche, mise sur son bilan. Il l’accuse d’être un maire absent, passant son temps entre avions et plateaux télévisés, et critique la politique de bétonnage de la ville, jugée rétrograde.

Une réélection malgré la division de l’opposition

Malgré ces attaques, François Bayrou a une certaine chance d’être réélu. La division des oppositions lui profite : six listes se présentent contre lui, contre sept en 2020. Lors de cette dernière élection, il avait été largement réélu au second tour avec 55 % des voix, dans un contexte particulier lié à la crise sanitaire. Son score reste honorable, mais moins élevé qu’en 2014, où il avait obtenu près de 63 %.

« Le contexte fera qu’il sera réélu sans triomphe. Il devra affronter un effet d’usure bien sûr mais ce ne sera pas suffisamment fort pour le faire tomber », estime le sénateur LR Max Brisson, qui soutient Bayrou.

Le poids de l’âge et la fragilité de la victoire

Certains opposants, même dans la majorité, soulignent la faiblesse de ses adversaires. Le député LIOT David Habib, proche de Bernard Cazeneuve, estime qu’il bénéficie d’adversaires peu compétitifs. Cependant, son âge constitue une autre difficulté. À 74 ans, en cas de nouvelle élection, il aurait 81 ans à la fin de son mandat. Certains pensent que cela pourrait peser dans la campagne.

Un opposant lui lance : « Personne ne va vraiment le dire, mais cela va peser dans la campagne. Il faut de l’énergie pour être maire. Est-ce qu’il en a encore ? On le verra rapidement sur le terrain. »

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