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Le risque de prolifération nucléaire de nouveau préoccupant

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a alerté ce vendredi 9 janvier sur le retour du risque de prolifération nucléaire dans le monde. Selon lui, cette menace renaît en raison de l’affaiblissement du cadre juridique qui encadre la maîtrise des armements nucléaires.

Il a notamment souligné que l’échéance du traité New Start, le dernier accord bilatéral entre les États-Unis et la Russie pour contrôler leurs arsenaux nucléaires, amplifie cette inquiétude. Ce traité doit expirer le 5 février prochain.

Une échéance critique pour la sécurité mondiale

Le traité New Start limite le nombre de têtes nucléaires pouvant être déployées par chaque pays. Son expiration pourrait fragiliser la stabilité stratégique entre les deux puissances. Par ailleurs, la conférence de révision du Traité de non-prolifération (TNP), qui doit se tenir en avril à New York, risque également de se conclure sur un échec diplomatique, selon des experts.

Ce rendez-vous international, organisé tous les quatre ou cinq ans, vise à maintenir l’efficacité du TNP, mais les deux dernières éditions ont échoué à produire un consensus. La situation actuelle laisse présager une issue difficile.

L’état de la diplomatie nucléaire

« Nous en sommes réduits à devoir convaincre une nouvelle fois que seul un règlement négocié peut mettre un terme au programme nucléaire iranien », a déclaré Jean-Noël Barrot lors de la Conférence des ambassadeurs à Paris.

Il a également dénoncé que certaines puissances dotées d’armes nucléaires utilisent la dissuasion comme un outil pour justifier des actions qu’il qualifie d’agressions coloniales. Selon lui, cette attitude contribue à dégrader davantage l’architecture de contrôle des armements.

Les prochaines échéances importantes

Outre l’expiration du traité New Start, la réunion de la Revcon du TNP en avril constitue une étape clé. Cependant, cette réunion s’annonce difficile. Depuis plusieurs années, les signataires n’ont pas réussi à adopter un texte final lors de ces rencontres.

Certains observateurs, comme Alexandra Bell, présidente du Bulletin of the Atomic Scientists, estiment que « cette Revcon va être difficile » et que « les perspectives sont sombres sur l’architecture de contrôle des armements ».

De son côté, le Russe Anton Khlopkov, directeur du Centre pour l’énergie et les études de sécurité (Ceness), a évoqué un « point de démantèlement quasi-complet » de cette architecture. Il a précisé que, face à la situation, il fallait rester réaliste et tenter de préserver ce qui peut encore l’être.

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